Bourse au mérite : des bacheliers se mobilisent contre sa disparition

La bourse au mérite ne sera plus attribuée à de nouveaux étudiants à compter de la rentrée 2014. Le bulletin officiel du 24 juillet 2014 a confirmé cette disparition annoncée en 2013 par Geneviève Fioraso, qui en avait repoussé l'exécution, suite à des contestations. Plusieurs bacheliers se sont de nouveau élevés, sur les réseaux sociaux, contre cette mesure. Les lycéens boursiers (bourse attribuée sur critères sociaux) ayant obtenu la mention très bien au bac 2014 ne décolèrent pas : ils seront les premiers à ne pas recevoir de bourse au mérite (1.800 € par an, s’ajoutant au montant de leur bourse sur critères sociaux), malgré leurs bons résultats scolaires. Pire encore, cette suppression s’est faite dans la plus grande discrétion du côté du ministère de l’Éducation nationale, qui compte peut-être sur une plus faible mobilisation des contestataires pendant les vacances d’été. Confirmation d'une suppression progressive En 2013, face au mécontentement exprimé par les lycéens concernés, Geneviève Fioraso (alors ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche) avait renoncé à appliquer la mesure dès septembre 2013 pour la repousser à la rentrée 2014. Depuis lors, aucune information n’avait été communiquée. C’est chose faite avec la parution du bulletin officiel n° 30 du 24 juillet 2014. Les bacheliers 2014 ne sont pas mentionnés dans le texte, confirmant ainsi la suppression progressive de la bourse au mérite. Les étudiants en licence ou en master (ou équivalence) qui en étaient titulaires en 2013-2014 vont continuer de la percevoir : "Sous réserve d'être toujours éligible à une bourse sur critères sociaux, un étudiant ayant bénéficié d'une aide au mérite en 2013-2014 continue à en bénéficier en 2014-2015 dans le cadre du nombre maximum de droits ouvert au titre de chaque cursus : trois aides au mérite au titre du cursus licence ou de tout autre cursus d'une durée inférieure ou égale, deux aides au mérite au titre du cursus master. Cette limitation s'applique aussi bien dans le cadre d'un cursus linéaire que dans le cadre d'une réorientation." Mobilisation sur les réseaux sociaux Les élèves boursiers ayant décroché la mention très bien au bac 2014 ne baissent pas les bras. Outre les nombreuses réactions de protestation sur Twitter, ils ont créé début juillet une pétition en ligne, qui a déjà récolté plus de 700 signatures, ainsi qu'une page Facebook : Touche pas à ma bourse, je la mérite. Bon nombre d'entre eux comptaient sur les 1.800 € de la bourse au mérite (versée en 9 mensualités, de septembre à juin) pour boucler leurs fins de mois. Côté politique, les réactions ne se sont pas fait attendre à droite. Plusieurs députés UMP ont protesté contre cette suppression via leur compte Twitter, comme Benoist Apparu ("Supprimer les bourses au mérite est une mesure profondément idéologique") ou Éric Ciotti ("La bourse au mérite est l'expression de la méritocratie républicaine et la reconnaissance de l'excellence. Elle doit être maintenue"). Mais le ministère de l'Éducation nationale argue que "la mesure est déjà inscrite dans la loi de finances 2014" et que "l'objectif [est] d'aider financièrement un plus grand nombre d'étudiants à construire leur parcours universitaire". Il estime en outre que les aides au mérite souffrent de deux défauts principaux : les "grandes réticences manifestées par la plupart des universités à distinguer 'les meilleurs' parmi les lauréats de la licence" et "surtout, à ce qu'elles n'ont pas contribué à améliorer le taux de réussite en premier cycle, qui a perdu cinq points de 2006 à 2011 en dépit des priorités affichées". De nouvelles aides annoncées Deux mesures ont été annoncées pour la rentrée de septembre 2014 : - la création de 77.500 nouvelles bourses annuelles de 1.000 € pour les étudiants des classes moyennes aux revenus modestes, boursiers "échelon 0" ne bénéficiant d’aucune aide aujourd’hui. - la création de 1.000 allocations annuelles nouvelles comprises entre 4.000 € et 5.500 € pour des jeunes en situation d’autonomie avérée (soit au total 8.000 aides versées indépendamment des revenus des parents à la rentrée 2014). Dans ce contexte, convaincre le ministère de retarder encore la suppression de la bourse au mérite ne va pas être tâche facile.